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Retour sur investissement

mercredi 19 mai 2010

Après l’euphorie de notre petite communauté à l’annonce des milliards du Grand Emprunt, l’heure de la gueule de bois pourrait arriver.

En effet, au fil des annonces, le projet se précise - dans un contexte de rigueur budgétaire et de mise en faillites d’Etats européens à la loterie de la Bourse...

Dorénavant, le campus d’excellence s’appellera "initiative d’excellence", pour ne pas le confondre - soi disant - avec le plan campus. Il est vrai que tant de moyens (annoncés seulement) nous font perdre la tête ! Autre changement de taille : les initiatives d’excellence, contrairement aux annonces initiales, seront conditionnées à l’obtention préalable de laboratoires d’excellences, d’équipements d’excellence, etc... afin d’être certain qu’on ne lâchera pas un milliard d’euros sur un campus médiocre, tout de même.

Les initiatives d’excellence, outre leurs laboratoires excellents, devront exceller dans leur capacité à gouverner les projets du futur. Rien de concret pour l’instant dans cette direction, si ce n’est l’ambition de Lionel Collet de fusionner toutes les universités lyonnaises en une seule (on dit qu’il ne sera pas candidat à sa super-présidence, mais il n’a pas démenti à ce jour, donc ne colportons pas les rumeurs). Malheureusement, personne ne voit en quoi cela facilitera quoi que ce soit, et les exemples de Strasbourg ou même de l’ENS Lyon sont là pour nous le prouver. Et ça ne règlera pas le problème du gouffre de moyens qui sépare les écoles publiques des universités.

Mais voici la cerise sur le gâteau, celle qui pourrait bien précipiter la fin du bal. Car le critère principal pour l’obtention du trophée final - l’initiative d’excellence, donc - sera l’excellence à... rembourser l’argent. Ou de façon plus politiquement correcte, à assurer des "retours sur investissement" conséquents. Les investissements de l’Etat auront donc pour objectif d’accroître l’autonomie budgétaire des universités, et par là-même à faire baisser les futures dépenses publiques. On est bien dans l’esprit initial annoncé par Nicolas Sarkozy pour rassurer Bruxelle sur le Grand Emprunt.

Surtout, que ceux qui ont passé du temps à rédiger de grands projets scientifiques ne les jettent pas au feu : ils serviront de faire valoir. Mais pour l’heure, il faut ranger sa blouse, s’armer d’une cravate et frapper à la porte des patrons philanthropes de la place lyonnaise qui, naturellement, payeront sans menacer notre indépendance.

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