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Le nouveau projet PipotEX de l’UdL

lundi 16 octobre 2017

IDDE s’est procuré le document cadre du projet d’évolution du site de Lyon-Saint Etienne. Fruit d’un travail colossal mené à quatre mains par les présidents d’établissements visibles depuis la Chine (LYON 1 et ENS-Lyon), ce sont 4 pages dans un néo-pipo-langage qui masquent mal le constat d’un échec qui n’est pas encore assumé.

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Ces quatre pages, affublées du logo de l’UdL et datées d’octobre 2017, sont donc issues des fameuses réflexions annoncées par le président de l’Université de Lyon Khaled BOUABDALLAH. En effet, faisant le constat d’un dialogue de sourds entre les chefs d’établissements du site, la table de discussion a été réduite à un dîner aux chandelles entre Frédéric Fleury (président LYON 1) et Jean-François Pinton (directeur ENS-Lyon).

Quand c’est flou...

Quoi de neuf depuis le projet voté par tous les CA établissements et transmis au "Jury International de l’IDEX" ? Presque rien, au contraire : les choses sont encore plus floues qu’elles ne l’étaient à l’époque. On a même perdu maintenant le périmètre du fameux établissement cible exigé par le Jury. On apprend qu’il y aura trois niveaux :

- l’établissement cible (?) qui regroupe l’excellence visible depuis le reste de la Galaxie. Aucune idée de qui s’y trouve, mais on imagine que les auteurs du texte considèrent qu’ils en font partie ! Ce que l’on apprend en revanche, c’est que cet établissement cible aura plusieurs personnalités morales !

- Le périmètre IDEX, lauréat temporaire du label : donc les établissements de l’ancien projet. Ceux-ci ont accès à l’argent de l’IDEX, mais sans aucun effort de fusion / recomposition : le Jury appréciera (ainsi que ceux qui se recomposent).

- la COMUE : l’UdL actuelle existera donc toujours et regroupera tous ces établissements cibles et pas cibles.

Gare aux détails !

Bref, tout le monde a compris, il n’y a rien à voir. Circulez ? Attention, car le diable se cache parfois dans les détails... Les quatre pages sont quasiment vides de sens, mais pas totalement :

- la licence est définitivement coupée du reste des formations et de la recherche, par la création d’un "institut transversal" chargé de mener les premières années. Au passage, la sélection des étudiants est érigée en "principe incontournable", avant même que la représentation nationale ait fini de plancher sur cette question.

- Il est gravé que les futures composantes verront leur directeur "approuvé" par le président de l’établissement cible. Recul démocratique considérable par rapport au code de l’éducation - qui pourrait faire référence "au répondant" que le président de LYON 1 rencontre avec certains de ses directeurs de composante !

- Il est écrit que les Conseils de composantes seront composée d’au moins 1/3 de personnes nommées ! Par qui ? Pourquoi ? Encore une volonté de contrôle.

- La version "originale" prévoyait que les composantes actuelles étaient conservées au sein de "nouvelles composantes" : exit cette garantie, le projet devient donc bien plus complexe à mettre en place.

- Chaque personnel de l’université cible devra rendre un rapport d’activité annuel ! La définition même de l’usine à gaz et du contournement des règles statutaires, du contrôle de chaque individu.

Bref, on peut imaginer que toute personne et établissement normalement constitué aura intérêt à ne pas se trouver dans ce périmètre restreint, qui ne bénéficiera même pas de moyens supplémentaires.

Et le projet, au final, pourrait être la seule recomposition de l’université LYON 1 selon les désirs de son président.

Messages

  • J’en appelle à la DAJI, et si besoin au TA.

    Selon moi les quatre pages de ce "document cadre" sont nulles et non avenues en ce sens que :

    - ce document n’est pas daté ("octobre 2017" n’est pas une date)

    - ce document n’est pas signé. Personne ne sait qui a rédigé ce document, qui a participé à sa rédaction, quelles instances ont participé à la réflexion préalable à la rédaction du document, etc...

    Sur le fond, on s’amuse de ce que les auteurs de ce document s’inquiètent avant tout de la pérennisation de "leur" label IDEX qui n’existait pas il y a encore quelques années, et qui disparaitra sans doute lors du prochain quinquennat pour être remplacé par un autre TRUC-EX.

    On s’inquiète surtout de ce que les termes "formation", "enseignement" n’arrivent pas avant le milieu de la seconde page.

    Enseignement, formation initiale, formation continue et tout au long de la vie, forment le socle sur lequel ensuite se baseront la recherche, la production scientifique, les liens vers l’insertion professionnelle, etc. Il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs.

    On note aussi que les auteurs semblent soudain découvrir les notions d’ "audit des formations et l’évaluation des enseignements". Cela montre de la part de ces "décideurs" une réelle méconnaissance du terrain : nous avons mis en place l’évaluation et l’amélioration des enseignements bien avant qu’ils n’arrivent au "pouvoir", et nous nous préoccuperons encore de cette évaluation et de ces améliorations bien après leur départ.

    En ce qui concerne la ré-intégration de la licence dans, je cite, une "structure dédiée au premier cycle sous la forme d’un institut avec une admission sur la base de pré requis" :

    - je félicite sincèrement les auteurs parce qu’ils (re)mettent en avant la problématique de la sélection ou non-sélection à l’entrée à l’université, c’est un point important,

    - cependant, je ne les félicite pas de prendre parti pour la sélection en amont du débat national sur ce sujet, cette question mérite débat et nuances,

    - j’invite les auteurs à faire effectivement eux-mêmes le job, la gestion des candidatures, la gestion des inscriptions administratives, la gestion des inscriptions pédagogiques, et la gestion de tous les petits soucis post-inscription.

    - je les invite aussi à se renseigner un peu sur l’Histoire de notre université : le "passage à un Dpt de 1er cycle" ne serait qu’un retour en arrière vers une pseudo-solution qui a montré ses limites, ce ne serait en rien une avancée, un progrès.

    J’invite surtout les auteurs de ce document à un peu plus d’humilité, et à plus de discussion avec les directeurs de composantes, responsables de mention et de parcours, responsables d’UE, et enseignat(e)s et étudiant(e)s, avant d’écrire n’importe quoi.

    Bien cordialement.

    Lionel Chaussard.

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