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Discordances à l’AG de l’Université de Lyon

jeudi 8 septembre 2016

Le président de l’Université de LYON (UdL) a tenu une AG des personnels le 6 septembre 2016 dans le grand amphi de l’UdL, afin d’exposer sa vision de l’évolution du site de Lyon Saint -Etienne. Une vision qui n’est pas apparue partagée par tous...

La convocation étant adressée à plus de 12.000 personnels, il n’y a rien d’étonnant à ce que le grand amphithéâtre du site de la rue Pasteur affichât salle comble ce mardi 6 septembre 2016 à 18h00. Sans compter la presse qui couvrait l’événement : l’Université de Lyon répond au Jury de l’IDEX en amorçant une recomposition majeure de ses établissements.

La vision du président Bouabdalla

Le président Khaled Bouabdalla a dans un premier temps exposé sa vision des opportunités qui se présentent à nous, l’importance de l’instant, et la continuité du mouvement amorcé depuis une dizaine d’années sur le site : le PUL (Pôle Universitaire Lyonnais), puis le PRES (Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur), la COMUE (COMmunauté d’Etablissements) et, aujourd’hui, un grand établissement à construire.

Appuyé par le porteur du projet IDEX Jean-François Pinton (par ailleurs président de l’ENS Lyon), il s’est appuyé sur le retour du jury international en charge de l’attribution des IDEX pour justifier l’évolution nécessaire. Les jalons ont été donnés :

- document "DELTA" affichant les évolutions du projet à terminer mi-octobre, pour passage dans les instances des établissements et envoi au Jury pour fin novembre
- Un oral en février 2017, avec décision dans la foulée
- Si acceptation : une mise en oeuvre statutaire du projet en 2019 (élaboration de statuts pour l’établissement "intégré", vote dans les CA des établissements existants, etc...)

Malheureusement, alors que le document DELTA devra bien contenir des engagements précis sur la forme que prendra l’établissement unique intégré demandé par le Jury, aucun détail n’a été donné par le président Bouabdalla... Qu’en est-il des personnalités morales des établissements existants ? Des universités, des écoles ? Quelle articulation, quelles composantes ? Nada. Il fallait lire entre les lignes.

Une vision non partagée

Lire entre les lignes, c’est ce qu’avaient très vite fait les participants... Dès que la parole est donnée à la salle, le terme de fusion fait son entrée dans le débat. Les orateurs tentent d’expliquer qu’il ne s’agit pas d’une fusion, mais ne précisent toujours pas qui gardera sa personnalité morale. Et il est clair que les quatre universités existantes ne seront plus qu’un seul établissement, l’incertitude étant plus forte pour les écoles telles que l’ENS ou l’INSA.

Mais ce qui n’est pas explicité dans cette AG semble l’avoir au moins été au sein des présidents d’université, qui se réunissent au minimum une fois par semaine pour travailler sur le projet. S’installant à la tribune, le président Comby de LYON 3 extirpe tout à coup la salle de sa torpeur :

- Il n’avait pas prévu de prendre la parole, mais regrette que le président Bouabdalla ne fasse pas état, comme il s’y serait engagé le matin même, des divergences de projet au sein des présidents
- Il indique qu’il ne partage pas le projet exposé, même s’il partage les objectifs et ambitions pour le site. Son Conseil d’Administration ne votera pas ce projet en l’état.

Du coup, c’est la présidente de l’université LYON 2 Nathalie DOMPNIER qui prend le micro et enfonce le pieu dans le projet exposé depuis une heure :
- Elle est dans la même ligne que LYON 3 et il en sera ainsi de son Conseil d’Administration.
- Elle ajoute que des alternatives existent, qu’elle les a proposées, qu’elle croit dans un projet intelligent auquel sera sensible un jury intelligent...

Le reste de l’AG est une suite de prises de paroles qu’il serait long de retracer ici, au cours desquelles le président de LYON 1 Frédéric Fleury tente de rassurer en affirmant l’engagement de LYON 1 pour le projet d’un établissement unique. La présidente de Saint-Etienne reste évasive sur le projet qu’elle soutient, en ré-affirmant que son université sera de la partie.

Quelles suites à cette AG ?

Le collectif IDDE se félicite que, enfin, un débat semble émerger ! Les présidents ne sont pas tous d’accord, ce qui est une bonne nouvelle d’un point de vue démocratique car les décisions qui seront prises auront des conséquences majeures pour les personnels et les étudiants. Précisons que nous ne possédons aucun détail de l’une ou l’autre alternative évoquées par les présidents ! Mais dans une telle impasse, il faudra bien que les projets soient enfin diffusés...

Nous n’avons pas de position définitive : fusion ou pas fusion, les vraies questions sont celles des objectifs, des fonctionnements et organisations, de l’accompagnement des personnels, du temps donné pour le changement, du niveau de débat, etc... Dans les semaines qui viennent, nous nous inviterons à toutes les occasions qui permettront de se forger un vrai projet collectif et partagé. Néanmoins, nous avons le sentiment que le calendrier imposé par la "contrainte IDEX" n’est absolument pas compatible avec ces ambitions : à choisir entre évolution démocratique et obtention de la carotte en plastique qu’on nous agite devant les yeux depuis le lancement du "grand emprunt" en 2010, nous prenons sans hésitation la première.

Messages

  • Alors que les meilleurs chercheurs lyonnais en chimie quittent Lyon (Coperet, Emsley, Sautet...) pour de grandes universités étrangères, les querelles portent sur des détails insignifiants... A Los Angeles il n’y a pas UCLA1, 2 , 3... ni des petites écoles qui chacun veulent conserver leur singularité.
    Ces querelles d’arrière-garde ne visent qu’a conserver des prés carrés qui n’ont aucun sens au niveau internationnal...
    Continuons et Lyon sera la dernière grande ville française sans IDEX et continuera de se vider de ses meilleurs chercheurs...
    C’est une perspective réjouissante, mais au moins chaque entités conservera sa lisibilité en enseignement...
    Qui aura gagné ?

    Bien cordialement
    O. Maury
    Un simple chercheur CNRS que tous ces débats laissent vraiment très sceptique...

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  • Il y aurait tant à dire.... D’abord, on attribue facilement à ceux qui partent le titre de "meilleurs", que doivent penser tous ceux qui restent ! Dois-je citer quelques noms comme Cédric Villani, Hélène Courtois et tant d’autres qui ont tous une indéniable reconnaissance internationale dans leur discipline. On peut choisir de voir le verre à moitié vide mais on peut aussi choisir de le voir à moitié plein et il y a autant d’exemples que de contre-exemples, méfions nous des généralisations hâtives... ;-)

    Enfin, en ce qui concerne UCLA puisque vous la citez en exemple, si elle est effectivement un exemple dans l’objectif de monter dans les classements internationaux (10ième au classement AWRU), on peut simplement rappeler qu’elle compte 37000 étudiants.... loin des 140.000 que représenterait la future université unique fusionnée dont rêvent nos gouvernances.

    Méfions nous des comparaisons ! Et l’IDEX avec ses 30 millions d’euros (maximum) ne constitue pas la manne que l’on veut nous vendre. Cette somme doit être rapportée au 1 milliard d’euros de budget consolidé du périmètre de l’IDEX pour mieux la mettre en perspective et relativiser les évolutions statutaires qui nous sont demandées pour l’obtention de cette carotte...

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