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Loi LRU

Le CA vote l’autonomie au 1 janvier 2009

mercredi 18 juin 2008

Le Conseil d’Administration a voté le 17 juin 2008 la résolution suivante, avec 10 voix contre et 21 voix pour :

Le CA demande à passer aux compétences élargies le premier janvier 2009. Il souligne que le passage implique un accompagnement du ministère sur le calcul des emplois, le montant de la masse salariale, le renforcement du potentiel de l’UCBL et la requalification d’emplois.

Cette résolution a été prise alors que des centaines de collègues de toutes catégories, électeurs du CA, répartis dans tous les services et composantes, se sont joints à la lettre ouverte au CA pour s’y opposer. Dans les deux AG organisées sur ce thème, la quasi-totalité des interventions ont affiché des réticences à ce vote.

Les élus IDDE, ainsi que les élus de l’UNSA, du SNASUB/Autrement et de l’UNEF se sont exprimés contre ce vote et ont voté NON (7 personnes). Plusieurs personnes de la liste Agir ensemble pour l’université ont exprimé des réserves, en particulier sur notre réelle possibilité de négociation suite à ce vote ; malheureusement ces réserves ne se sont pas traduites dans l’urne... Un seul (Christian Gauthier, professeur en biologie) a annoncé publiquement qu’il n’était pas favorable et voterait contre.

On notera la formule ambiguë de la résolution, qui est de toute évidence le résultat de la forte mobilisation de ces dernières semaines. Ce n’est pas une victoire : la première phrase donne clairement le feu vert au ministère pour publier au JO le passage de LYON 1 aux compétences élargies.

La deuxième phrase avait bien sûr pour but de faire basculer vers le OUI ceux qui avaient quelques hésitations : certains directeur et directrices de composante, ainsi que les étudiant INTER-ASSO. Quelle est sa portée ?

De façon officielle, juste avant le vote et à notre demande, le président a assuré (en substance) la chose suivante : le CA déterminera rapidement les chiffrages en poste et en budget qu’il souhaite placer derrière cette formulation, et évaluera en conséquence le contrat qui sera proposé par le ministère. S’il refuse alors de signer le contrat, nous ne passerons pas au budget global et attendrons l’année prochaine.

Nous doutons de la possibilité juridique d’une telle décision. Et même si c’était possible, il est peu probable étant donnée la teneur des débats que le CA se lance dans une telle volte-face. Néanmoins une petite pression est mise sur le ministère, qui devra faire quelques concessions à notre budget pour faire passer la pilule.

Quelles que soient les récompenses distribuées par le ministère, il reste que ce vote est en profond décalage avec le ressenti des personnels et des étudiants. Il pose les premières pierres du mur qui va nous séparer des autres universités, effet renforcé par l’opération campus. Il ouvre la porte dès l’année prochaine aux recrutements de contractuels, à la modulation des services qui finiront tôt ou tard par avoir raison des statuts qui assurent notre indépendance en recherche et enseignement vis à vis des pouvoirs politiques et économiques.

Avant tout, il va conforter le pouvoir actuel dans son entreprise de "simplification" de l’enseignement supérieur et de la recherche, dont la LRU est une des boîtes à outils. Le tout sous le regard bienveillant des instances socialistes locales qui, par la bouche de leurs mandatés au CA, ont mis tout leur poids en séance pour nous précipiter vers la carotte tendue par le ministère. Sans voir que la carotte est suspendue à un fil, et que l’âne que nous sommes n’a pas fini de trimer...

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