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Bilan des mandats 2008-2012

jeudi 9 février 2012

Les prochaines élections aux conseils centraux ne sont pas uniquement l’occasion de voir fleurir les professions de foi et les bonnes intentions, elles exigent également que l’on prenne le temps de faire un bilan du mandat passé. L’histoire éclaire l’avenir. Pour notre part, le dernier mandat nous a conduit à prendre des positions claires sur de nombreux sujets, cela éclaire que tout nos positions et la ligne qui restera la notre sur le prochain mandat.

Le collectif IDDE existe depuis plus de 20 ans, il constitue une intersyndicale très large, regroupant également des membres d’associations comme SLR ou SLU mais aussi des personnes non syndiquées mais se sentant proches des valeurs portées par le collectif. Cette durée donne au collectif une continuité et une cohérence que n’ont pas les autres listes qui se font et se défont au gré des élections. Notre méthode de travail est garante de cette cohérence, notamment avec l’organisation d’une réunion mensuelle regroupant tous les élus mais aussi les autres membres du collectif qui peuvent ainsi apporter leur expertise sur chacun des dossiers traités dans les conseils.

Notre vision de l’université est bien entendu ancrée dans la réalité et nous sommes pleinement conscients des nouvelles missions qui sont les nôtres ainsi que des nouvelles contraintes qui pèsent sur l’université. Néanmoins, l’université Française est vieille de plusieurs siècles et nous sommes donc aussi les héritiers d’une tradition que nous ne devons pas oublier. Parmi les valeurs qui fondent notre identité, nous pouvons citer le fonctionnement collégial, démocratique et transparent ; l’indépendance des institutions et des personnels qui passe notamment par la collégialité et la protection du statut ; et enfin la coopération que nous préférons à la compétition.

Les quatre années de mandat du dernier CA ont été émaillées d’évènements particulièrement importants comme le passage au RCE, la réforme du statut des enseignants-chercheurs, la réforme de la formation des maîtres ou encore, de manière plus récente les projets en EX liées au Grand Emprunt. Sur tous ces sujets, le collectif IDDE et ses élus ont eu des positions claires et cohérentes qui attestent de nos valeurs et de notre engagement pour les défendre mieux que toutes les promesses que l’on peut trouver aujourd’hui dans toutes les professions de foi. Ce bilan nous l’assumons et poursuivrons notre action, comme toujours, de manière cohérente et en continuité, en nous appuyant sur les mêmes valeurs.

Dés le début du précédent mandat, le 17/06/2008 le CA a voté le passage aux RCE pour le 1er Janvier 2009. Le CA n’était pas totalement convaincu. La liste majoritaire au CA a alors organisé sa première et dernière AG pour consulter les personnels, de laquelle il est ressorti une défiance face à un passage trop rapide. [1]. Manifestement, et conformément à nos analyses, ce passage était anticipé. Non seulement ce passage n’a pas apporté les marges de manœuvre attendues dans le budget, mais nous conduisent aussi aujourd’hui à geler des postes d’ATER.

Dés 2010, lors du congrès du 9 novembre les élus IDDE avaient proposé et fait adopter une motion dénonçant les dérives de la course à l’excellence symbolisés par les appels à projets du Grand Emprunt. Nous avons poursuivi notre travail d’analyse et d’information avec plusieurs réunions publiques. Enfin, lors du CA du 28 novembre 2011, les élus IDDE ont voté contre le projet d’IDEX et nous continuerons à nous opposer à ce projet pour de multiples raisons. La gestion, qui est en totale contradiction avec le principe de collégialité que ce soit au niveau de l’IDEX ou des LABEX. Le mécanisme financier qui ne repose que sur le principe de vases communicants, chaque euro du Grand Emprunt étant gagé sur un euro du budget (en 2010, si la Mission Interministérielle Recherche et Enseignement Supérieur -MIRES- a été principale bénéficiaire, elle a aussi été la principale contributrice). Nous l’avons dit très tôt et ce fut confirmé par un sénateur UMP en février 2010.
Le processus Grand Emprunt c’est une compétition stérile dans un jeu à somme nulle qui n’aura pour effet que de disloquer notre communauté. En définitive, rêver du Grand Emprunt c’est rêver contre soi-même, l’université mérite mieux que cela. Il faut se rappeler que cette opposition était aussi celle de la majorité des personnels qui s’étaient prononcés lors de la consultation en mai 2011. Cependant, malgré leur engagement de «  rester à l’écoute de tous les acteurs de terrain » les élus de la liste AGIR ont soutenu le projet IDEX. Mais rien n’est encore fait et comme le précise le document soumis à l’ANR, toute évolution ultérieure sera soumise au vote du CA. En ce qui nous concerne, notre position est claire : Informer, Débattre, Décider Ensemble même si nous sommes convaincus du caractère néfaste de l’IDEX nous voulons débattre pour convaincre.

Nous avons également soutenu au CA la proposition de modification des statuts permettant aux PRAG et PRCE d’être VP-CA car tous les personnels impliqués dans la vie de notre université devraient pouvoir s’investir là où le code de l’éducation le leur permet. Malheureusement le CA s’est opposé à deux reprises à cette modification.

Mais l’indépendance de l’université ne saurait aller sans l’indépendance de ses personnels. C’est notamment pour cette raison que nous avons tous été actifs lors du mouvement de grève de 2009 pour protéger le statut des Enseignants-Chercheurs qui assure notre indépendance. Lors du congrès du 3 février, nos élus ont été porteurs d’une motion regroupant tous les aspects des réformes alors en cours. Sur ce point particulier, elle manifestait son opposition à la réforme du décret statutaire. Elle a été largement adoptée par le congrès qui s’est ainsi engagé à «  ne prendre aucune décision qui conduirait à un dépassement de la charge d’enseignement statutaire, sauf en cas de demande de l’intéressé ». C’est donc très logiquement que nous nous refuserons à mettre en place un système de modulation qui briserait l’équité assurée par le statut, qui plus est avec le risque du clientélisme local. Toujours en 2009, les élus IDDE ont voté contre la mise en place des chaires à Lyon au CEVU, au CS, au congrès et au CA. A noter sur ce point l’absence de concertation et de position commune des listes AGIR qui étaient pourtant majoritaires dans les trois conseils.

Lors de ce mouvement de grève, nous avons aussi lutté pour protéger la formation des maîtres que la réforme a mis à mal en supprimant l’année de stage et finalement en envoyant dans les classes des maîtres sans formation professionnelle. La motion présentée par nos élus et largement adopté par le congrès du 3 février 2009 se prononçait contre la suppression de l’année de stage rémunérée et le principe de la masterisation. Lors du CEVU du 24 février 2009, les élus IDDE ont refusé d’évaluer les maquettes de Lyon 1, malgré la pression exercée par la présidence pour ne pas rater le coche et entrer dans la concurrence sur ces formations. L’histoire nous a donné raison : aujourd’hui, sur la place Lyon on ne compte pas moins de 5 masters qui se font concurrence et entre lesquels nos collègues de l’IUFM sont écartelés. Il est temps de mettre fin à cette concurrence stérile et de mettre en place une vraie coopération entre les établissements pour assumer cette mission de formation des maîtres.

L’université incarne aussi une idée de l’Humanité, une Humanité qui progresse parce qu’elle cherche à comprendre tout et sans raison, simplement pour étancher une soif de comprendre. Cette envie de savoir, l’université l’étanche en amont par son activité de recherche qui doit pour cela rester libre et large, facilitant les interconnexions ; mais elle l’étanche aussi en aval par sa mission d’enseignement, en formant des esprits libres et critiques, en transmettant les savoirs les plus récents à un public non sélectionné, offrant ainsi au plus grand nombre une possibilité d’émancipation intellectuelle. Nous devons rester attachés à ces missions fondamentales et résister conjointement à la pression pour une recherche qui devrait par avance annoncer ses finalités et à un enseignement dont l’objectif serait de produire des sujets employables.

Ces valeurs que nous défendons nous les faisons aussi vivre dans notre travail quotidien au sein du collectif IDDE : en discutant collectivement, chaque mois et sur notre liste de discussion, tous les sujets traités dans les conseils ; en diffusant l’information (notes prises en réunion, lettre d’information) ; mais aussi en organisant des réunions publiques sur les grands sujets afin de prendre le pouls de l’opinion universitaire, présenter les enjeux et enrichir notre réflexion collective. Nous avons déjà largement montré notre cohérence, notre capacité d’analyse, notre attachement viscéral à la collégialité, la transparence et la démocratie, inutile de dire que ce sont les lignes que nous poursuivrons dans les 4 ans à venir.


[1Le CA a tout de même voté le passage aux RCE, bien que dans leur profession de foi, les élus AGIR au CA aient mentionné qu’ils s’engagent à rester à l’écoute de tous les acteurs de terrain et à défendre, après concertation, une position commune au sein des différents conseils"

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