Navigation rapide

Accueil > Tribune libre > Vie de l’université > Elections 2012 : profession de foi IDDE

Elections 2012 : profession de foi IDDE

vendredi 16 décembre 2011

IDDE : Informer Débattre Décider Ensemble

Liste commune enseignants et/ou chercheurs et personnels BIATOSS
soutenue par

CGT (FERCsup, SNTRS), CFDT (SGEN), FSU (SNESup, SNEP, SNCS), SLR-Lyon, SOLIDAIRES (Sud Education, Sud Recherche EPST) ainsi que de nombreuses et nombreux non syndiqués

1. Réaffirmer les missions de l’université

L’Université a pour mission de créer de la connaissance et de la diffuser. Drew Glipin Faust, présidente de Harvard affirmait dans son discours d’investiture que « L’essence de l’université est qu’elle est responsable envers le passé et l’avenir d’une manière qui peut (doit) entrer en conflit avec les demandes du moment. Nos engagements sont intemporels et nous sommes mal à l’aise pour les justifier en termes instrumentaux. Nous les poursuivons “pour eux-mêmes” parce qu’ils définissent ce qui au cours des siècles nous a fait humains, non parce qu’ils peuvent accroître notre compétitivité internationale, et ces investissements ont des rendements que nous ne pouvons ni prédire ni mesurer. Les universités, par nature, nourrissent une culture de turbulence et même d’indiscipline »

Nous partageons cette vision et nous nous engageons à promouvoir une idée intemporelle de l’université : humanisme, universalité, indépendance et collégialité Cela signifie de ne pas décider systématiquement sur les critères du pragmatisme ou du réalisme du moment et de toujours placer les personnes (étudiants et personnels) au cœur de l’institution.

2. Restaurer la démocratie universitaire

Depuis le Pacte pour la Recherche et la loi LRU, les réformes universitaires se multiplient. A n’en pas douter, les évolutions en cours avec les Labex, Equipex et surtout IDEX (Initiatives d’Excellence) sont des menaces majeures pour nos institutions. Toutes vont dans le même sens : elles visent à confier la gestion des établissements à des conseils de plus en plus restreints où les membres élus laissent place aux managers. Il en va ainsi du PRES dont le CA est composé d’une minorité d’élus ou de l’IDEX dont le projet Lyonnais prévoit de confier les rênes à un cénacle dont la composition reste obscure.

Le groupe IDDE a depuis le début manifesté son opposition au Grand Emprunt, dont l’IDEX est l’avatar, parce qu’il se substitue au financement de nos établissements sur crédits budgétaires et qu’il s’accompagne d’une restructuration de la gouvernance conduisant à la disparition de la gestion collégiale. Notre groupe s’engage à respecter et défendre la démocratie universitaire non seulement par un travail en concertation des conseils centraux, mais aussi en permettant à tous les personnels, quel que soit leur statut de pouvoir participer aux instances de notre université.

3. Conditions de travail

Les diminutions de moyens associées aux restructurations et au développement de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP), la quête intensive de reconnaissance et de justification de nos métiers tout comme les effets de la mise en compétition et des notations à tous niveaux ont profondément altéré nos conditions de travail et provoqué de véritables situations de souffrance au travail. La « culture de l’excellence » rejaillit sur l’ensemble des personnels, sur qui la pression a considérablement augmenté en contrepartie de salaires restant au niveau le plus bas.

L’usage croissant de primes pour récompenser au mérite, que ce soit chez les BIATOSS avec la « prime de fonction et de résultats » ou encore chez les enseignants-chercheurs avec la PES, participe à la mise en concurrence généralisée et au malaise ambiant. Nous refuserons toute mesure de pression sur les personnels par l’intermédiaire des primes dont l’utilisation devrait plutôt s’orienter vers les plus fragiles, catégories C et contractuels. Nous refuserons la gestion des personnels par les compétences (GPEC), qui atomise les personnes et fragilise les statuts. Nous donnerons tout son sens au Comité Technique de Proximité (CTP), qui doit être un véritable lieu d’écoute des aspirations syndicales et non pas une « étape consultative obligée » qui n’est que rarement rapportée au CA.

Le recours banalisé aux contractuels vient d’une part fragiliser le statut des titulaires, et d’autre part installer de nombreux collègues dans la précarité, y compris pour accomplir des tâches pérennes. La piste de l’externalisation est encore sur beaucoup de lèvres pour « simplifier la gestion et libérer des ressources ».

Nous refuserons tout projet d’externalisation systématique de fonctions, convaincus que nous œuvrons tous avec une importance égale aux mêmes missions. Quitte à revoir en profondeur et à modérer certains de nos modes de fonctionnement nous refuserons le recours croissant aux contractuels sur des missions pérennes. Si nous donnerons la priorité aux emplois de fonctionnaires dans toute la mesure de nos moyens nous serons également attentifs aux droits et conditions d’emploi des contractuels en place. Pour ces derniers, nous nous engageons à mener à terme les processus en cours de CDIsation et mettrons tout en œuvre pour les accompagner vers le statut de fonctionnaire, notamment dans le cadre du protocole Tron de titularisation.

4. Politique scientifique et moyens de la recherche

Depuis 2007 le gouvernement communique sur une avalanche de milliards pour l’enseignement supérieur et la recherche. Hélas, la réalité que nous constatons tous est confirmée par les derniers chiffres de l’OCDE : sur la période, la France a reculé du 18 au 26ième rang mondial pour le financement de la recherche académique ! Il n’y a pas de moyens supplémentaires, il n’y a qu’une redistribution dans un jeu à somme nulle. Dans ce jeu les gagnants sont toujours les mêmes, sur le prétexte de ne pas « arroser le sable » on arrose là où c’est déjà mouillé (Labex, Carnot, etc). Cette politique est, sur bien des aspects, reproduite en interne.

Notre groupe défend une autre idée de la science où chaque discipline, chaque approche doit trouver sa place. La récente politique d’excellence a créé des déséquilibres patents dans la distribution des moyens : ainsi les Labex Lyonnais bénéficient de 6M€ annuels, une somme équivalente à la dotation annuelle des unités de recherche de Lyon 1. Dans ce contexte, nous pensons qu’il est possible pour le conseil scientifique de définir sur ses crédits d’intervention (500 k€) une vraie politique de recherche, originale et de qualité, mais en dehors du périmètre des Labex, afin de rééquilibrer une situation qui risque de mettre en difficulté des disciplines entières.

5. Formations et encadrement pédagogique

Notre université souffre d’un sous-encadrement pédagogique (estimé à 300 postes) hautement préjudiciable à la qualité des enseignements, aux conditions de travail des enseignants ainsi qu’à l’équilibre des missions des enseignants-chercheurs. Associé au désengagement de l’Etat, ce sous-encadrement risque de nous mener vers des solutions gestionnaires s’appuyant sur une diminution de l’offre de formation, la fermeture d’UE à faibles effectif, l’emploi croissant d’enseignants contractuels, ou la modulation à la hausse des services des enseignants-chercheurs.

Nous nous engageons à refuser toute modulation contrainte des services d’enseignement, qui sont déjà très lourds et difficilement compatibles avec une recherche indépendante et créative. La réduction de l’offre de formation, ou l’augmentation des frais d’inscription ne sont pas non plus des solutions au sous-encadrement pédagogique qui ne pourra être résolu que par la création de postes statutaires. Nous nous attacherons à répartir les moyens collectifs le plus équitablement possible, mais sans mettre en danger les disciplines au gré des débouchés ou du nombre d’étudiants. Enfin, il ne sera pas question de concentrer des moyens humains sur des formations au prétexte de « l’excellence ».

6. Formation des maîtres

L’intégration de l’IUFM menée naïvement en 2007 a été suivie presque immédiatement de la suppression de sa mission exclusive : la formation continue des maîtres, en particulier l’année suivant le concours, avec les conséquences que vivent quotidiennement les enseignants du primaire et du secondaire. Nous regrettons encore une fois le manque de combativité des universités, qui auraient dû collectivement refuser cette disparition au lieu de mettre docilement en place les fameux "masters enseignements". Là encore, la concurrence entre établissements est passée avant l’intérêt général ! Ajoutons le malaise des collègues enseignants à l’IUFM, au sein même de notre université, qui subissent une perte massive de leurs étudiants et la nécessité d’effectuer une partie de leur service dans d’autres universités. Cette situation est également le fait d’une intégration de l’IUFM conduite de façon non transparente et non concertée avec la communauté.

En intégrant l’IUFM, notre université n’a pas seulement hérité de moyens et de personnels ! Elle a avant tout hérité d’une mission en terme de formation des maîtres dont elle doit enfin s’acquitter avec sérieux. Pour ce faire, nous proposons d’impulser la création d’un pôle inter-universitaire de formation des enseignants afin de sortir de la concurrence stérile entre établissement et de s’engager dans une vraie collaboration pour redonner une formation de qualité aux futurs maîtres et professeurs.

7. Secteur santé

Traditionnellement, en raison de sa double tutelle, les questions concernant le secteur Santé sont très peu abordées dans les Conseils centraux. Tout comme en sciences, il existe néanmoins des axes qui mériteraient plus de concertation politique et d’information : en particulier l’organisation de la première année commune, certes imposée par une réforme nationale, mais qui laisse sceptiques de nombreux enseignants sur le suivi et la formation des étudiants. Le recrutement des personnels hospitalo-universitaires est un problème complexe, mais qui mériterait plus de débats et de collégialité du côté de l’université. Actuellement, la question n’est jamais traitée en Conseil d’Administration, alors que les conséquences sont importantes en matière de formation, de recherche, et de budget. Dans le cadre de son autonomie budgétaire, il est incontournable que l’université acquière plus de marges de manœuvres dans ce secteur.

Nous souhaitons initier un débat sur l’évaluation de la PACES et de sa mise en place à LYON 1, associant enseignants et étudiants. Par ailleurs, en ce qui concerne les recrutements, le poids de la partie universitaire ne pourra être que renforcé par une association des CS, CEVU et CA au processus. Nous souhaitons également améliorer l’information aux personnels concernant les évolutions du site de Rockefeller.

8. Problèmes budgétaires

Les tensions budgétaires sont de plus en plus palpables au sein de notre université. En particulier, la dévolution de la masse salariale s’est révélée être exactement ce que nous dénoncions il y a trois ans : un moyen de désengagement de l’Etat, qui n’assure même plus l’évolution du coût des fonctionnaires1 ! L’université a déjà gelé plus de 20 postes d’ATER pour assurer la paye des titulaires. Enfin, après avoir gelé 300.000 euros en 2010 et 600.000 euros en 2011 sur notre budget, un gel de plusieurs millions d’euros est annoncé pour 2012 pour cause de « rigueur budgétaire ».

Dans les choix budgétaires que nous aurons à faire, nous nous engageons à placer en première priorité la question de l’emploi et des salaires. Pour le reste nos priorités seront de financer les missions pérennes de l’université à savoir les formations ouvertes au plus grand nombre, et en recherche un juste équilibre permettant à toutes les disciplines de trouver leur place. Par ailleurs, nous réaffirmons notre attachement à un accès libre à l’université, qui ne peut être compatible avec une augmentation des frais d’inscriptions.


Nous ne pouvons aborder ici tous les sujets importants, ni prévoir ce que nous serons amenés à décider. Le collectif IDDE s’engage (et a déjà fait ses preuves !) :

- à diffuser des informations régulièrement : site Web et lettre périodique
- à organiser des débats publics
- à réunir régulièrement ses élus de tous les Conseils pour un travail coordonné,
- à siéger assidument dans les Conseils

Ceux qui nous ont suivis savent qu’il ne s’agit pas de simples slogans.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.