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Une grève attractive

jeudi 1er octobre 2009

Dans l’édition de Lyon du journal 20 minutes, on peut lire un article en page 3 intitulé :
"Lyon-I s’est remise de la grève". On y apprend que malgré la grève, le nombre de nouveaux bacheliers
inscrit à l’université a augmenté de 4% par rapport à la rentrée 2008. Lionel Collet s’en réjouit même
selon ce même article, cela montre selon ses dires que l’université Lyon-I reste attractive.

Selon cet article, les variations d’effectifs sont très variées d’une filière à l’autre. Des filières
très affectées par la grève de l’an dernier voient leurs effectifs augmenter (+23,5% pour les STAPS,
+9% pour la biologie) ou diminuer (-9% pour les maths-informatique). La physique-chimie, globalement
pas en grève au semestre dernier voit ses rentrées de bacheliers fondre de 16% par rapport à l’an dernier.
Mais Daniel Simon, vice-président en charge du CEVU, "ne pense pas que cela soit lié à la grève. Car en
physique-chimie, les cours n’ont quasiment pas été perturbés".

Que peut-on en déduire ? Déjà que cette pensée est particulièrement simpliste.
D’abord, en tant qu’enseignant-chercheur de physique, je peux vous assurer que l’an dernier, des tentatives
de culpabilisation des éventuels grévistes ont circulé avec comme argumentaire principal un truc du genre :
si vous faîtes grève, les étudiants fuiront l’université et on aura moins de postes les années prochaines.
Résultat, pas de grève en physique ou si peu et -16% d’étudiants à la rentrée, cherchez l’erreur.

Sur la baisse des inscriptions, deux autres lectures peuvent être faites. La première est que le bachelier
ne s’occupe pas de savoir le détail de l’organisation interne des disciplines à l’université avant d’y aller.
L’université ayant été en grève globalement, il est fort possible que des bacheliers décident de ne pas y aller
même si la filière dans laquelle ils auraient été n’était pas en grève.
La deuxième lecture pourrait très bien être aussi que la physique-chimie subit une chute de 16% de ses effectifs
parce qu’elle n’était pas en grève l’an dernier. Les bacheliers pourraient préférer les filières dans lesquels
leurs enseignants sont prêts à les défendre.

Aucune des trois lectures ne peut être démontrée sans faire un minimum d’enquête, ce que ni moi ni Daniel Simon
n’avons fait. Concluons néanmoins sur la juxtaposition des déclarations du président et d’un vice président
de Lyon 1. Si le nombre de bacheliers qui s’inscrivent à l’université est en hausse malgré la grève, c’est
que Lyon 1 est attractive, selon Lionel Collet. Et selon Daniel Simon, la chute de 16% des inscriptions en
physique-chimie n’est pas liée à la grève car la physique-chimie n’était pas en grève. Le message me semble
limpide : les formations de physique-chimie de Lyon 1 ne sont pas attractives.

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