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un nouveau palmarès : celui des malmenés !

vendredi 6 mars 2009

Les enseignants-chercheurs sont malmenés : peut-on faire le constat que, représentant le « coeur de métier » de l’enseignement supérieur (et, à Lyon 1, les 2/3 des personnels), leur appartenance à ce corps professionnel leur a permis de réagir quasi unanimement et que leur identité professionnelle en sort renforcée ?

Une autre catégorie de personnels est aussi malmenée, et depuis longtemps, ou pire ignorée, à l’intérieur même de l’université : Les personnels dits BIATOSS, qui contribuent à la réalisation des missions de l’université et au fonctionnement des laboratoires.

Il est urgent de rendre visible et lisible le rôle de tous les personnels, enseignants-chercheurs, enseignants et BIATOSS, dans les réalisations de l’université :

L’estime de soi est subjective, individuelle, mais se construit à partir de l’image de soi dont l’identité professionnelle est un élément important : pouvoir se présenter en nommant un métier qui sera reconnu par l’autre, est fondamental (exemples : Technicien biologiste, Gestionnaire financier et comptable, Administrateur des systèmes d’information, Ingénieur en techniques expérimentales, Chargé d’animation et d’ingéniérie en formation continue, Responsable de la coopération internationale, ...).

Qui sont les dénommés BIATOSS ? 3 statuts différents (ITRF, ASU, BIB), 8 branches d’activité professionnelle ou BAP - 53 familles ou domaines de compétences - 326 emplois-types.

Autant dire que le sentiment d’appartenance à un corps professionnel est quasi inexistant chez les BIATOSS, mais plus grave, l’image de soi sur le plan professionnel de cette catégorie de personnels est très endommagée : ils sont souvent désignés par la négative - non enseignants - ou considérés comme étant au service des enseignants -chercheurs (sic), alors qu’ils sont évidemment au service des missions de l’université.

Une université a besoin de multiples compétences pour bien fonctionner et afficher cette complémentarité des métiers serait un premier pas vers une approche qualité de la GPEEC (adéquation entre besoins de l’institution et compétences des personnels) qui présuppose de considérer aussi les individus : définir la position et le rôle de chacun a des répercussions directes sur l’identité de chaque personnel, lui donne de l’énergie ; mais définir strictement le rôle de chacun dans un système sans tenir compte des motivations et des aptitudes des personnes, peut entrainer des conséquences graves chez ces personnes, qui peuvent se fragiliser et s’effondrer - qu’il s’agisse de BIATOS ou d’enseignants-chercheurs - mais aussi pour le système dans son ensemble.

Encore plus grave mais sans doute plus facile à réformer : le droit du travail vis à vis des personnels contractuels n’est pas respecté.

A Lyon1 25% des personnels BIATOSS sont sur des contrats à géométrie variable selon les services dont des contrats de 10 mois ! renouvelés souvent 2 mois après la fin du précédent…

Obtenons que les personnels contractuels soient tous traités de la même façon, puissent progresser en indice, bénéficier de primes – si ce système pervers est maintenu comme je le crains - et le cas échéant, des aides de retour à l’emploi.

Dans les négociations n’oublions pas le sort d’une partie des personnels qui font fonctionner à l’université.

Dominique GILLES, une BIATOSS en colère mais néanmoins très heureuse dans son travail et notamment dans sa collaboration avec les enseignants-chercheurs ! Ingénieure d’Etudes au Service d’orientation et d’insertion professionnelle des étudiants de Lyon 1

Messages

  • Cet article me donne l’occasion de réagir et compléter en deux points
    Des personnels « malmenés » et « mal menés » !!!

    Pour ce qui me concerne, après avoir travaillé dans le secteur privé, j’ai commencé à réaliser à partir de 1996 des missions pour l’Université Claude Bernard Lyon 1 dans le cadre de contrats signés chaque année, le service pour lequel je travaillais ayant besoin d’un renfort liés aux compétences que j’avais jusque là développées. La situation a été reconduite 8 ans de suite, j’ai finalement été titularisée en 2004.

    - « Malmenés » : c’est effectivement un terme qui décrit la situation très inconfortable que j’ai subie dans le courant de l’année 2002/03 du fait de restructuration dans mon service ; situation que je suis parvenue à surmonter moralement grâce au soutien de certains de mes pairs…et non de mon hiérarchique de l’époque.
    - « Mal menés » c’est effectivement ce que j’observe ceci en raison de l’organisation managériale qui prévaut à l’Université. Des enseignants chercheurs « manageurs » qui (exceptés pour quelques rares éléments tombés directement dans la marmite) n’ont pas reçu de formation dans ce domaine et qui (à leur décharge) sont tiraillés entre différentes fonctions (encadrement, enseignement, recherche).
    J’ai ainsi pu observer à plusieurs reprises au sein de différents services des processus de « démotivation » des personnels ( techniques ou administratifs ) résultants de décisions maladroites, non expliquées, non concertées et finalement contre productives.

    Comme toute organisation, l’Université doit s’inquiéter de son mode de gestion et d’organisation. Est-ce bien raisonnable d’oublier de s’appuyer sur les compétences des personnels « non enseignants » le plus souvent non reconnus dans les fonctions de type managérial ?

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